BEYGON BLANC: Quand le bras vole plus haut que le discours

Genre : RAC (Rock Anti-Communisme)
Nationalité : Française

Vous tomberez irrésistiblement sous le charme de la musique, puissante et lourde. Guitare pétillante, basse en retrait mais suffisante pour donner de l'entrain aux chansons, batterie bien sèche, chant violent et bien mis en valeur.

Cependant, après plusieurs écoutes, le verdict est toujours le même: les paroles sont médiocres. On sent pourtant bien que le groupe a fait son maximum. Hélàs, pas grand chose à faire lorsque le niveau de Français est insuffisant.

Dommage, pour des nationalistes...

On retiendra des phrases dénuées de culture telles que "De Lénine à Staline, du marteau à la faux". Non seulement le mot "faucille" est remplacé par le mot "faux" pour créer une rime; mais en plus, le groupe admet presque ne connaître qu'approximativement deux personnalités ennemies au nationalisme, Lénine et Staline (les plus célèbres). Cela en dit long sur le discours réducteur et sélectif des groupes racistes en général, qui mentionnent volontiers des personnalités nazies méconnues (comme Charles Martel), mais qui restent très peu instruits sur leurs propres ennemis politiques, et ne connaissent d'eux que quelques noms, chiffres et anedotes dictés par la logique national-socialiste.

Je ne voudrais pas m'acharner sur le groupe, même s'il est tentant de vous faire part d'un dernier extrait de chanson: "Skinhead emprionné, te voilà enfermé".
Je vous laisse le soin d'analyser le sens de cette phrase...

Pour conclure, malgré leur discours insensé et parfois gravement imbécile à propos de l'holocauste, les Beygon Blanc restent un pilier musical du RAC français, à cause de leur idéologie extrémiste, mais surtout grâce à leur son unique et, il faut le dire, à leur niveau musical. La batterie offre régulièrement des breaks rythmés, avant de repartir sur un jeu lourd et linéaire. L'impact musical est du coup énorme, et les refrains déferlent dans une séduisante violence.

Finalement, peut être faut-il prendre le groupe tel qu'il l'est, peut être faut-il s'efforcer à être lucide et un tantinet fataliste: sans la violence idéologique, Beygon Blanc n'offrirait certainement pas un son si dévastateur.

Note: 4/5

# Posté le lundi 19 octobre 2009 11:52

Modifié le lundi 19 octobre 2009 13:17

ANNONCE POUR UN GROUPE DE MUSIQUE

Je cherche à former un groupe de Oi! apolitique (sans abandonner KeltOi! bien sûr).

Je recherche des gars motivés. Si tu vis en Haute-Normandie et que tu sais:

- chanter des paroles de façon compréhensible (d'une voix assez rauque: on ne fera pas de street-punk)
ou
- jouer de la guitare (niveau correct)
ou
- jouer de la basse (niveau correct),


dans ce cas CONTACTE-MOI VITE SUR CE BLOG



Ce qu'il faut savoir:

- Je jouerai la batterie: mon niveau est bon, j'ai 5 ans de pratique, un an de théorie, et j'ai joué de nombreux concerts (rock, punk).

- Le chant se fera en Français (quelques titres pourraient être faits en Anglais ou Espagnol, tout dépend des capacités du chanteur)

- Nos influences musicales (mais pas forcément pour les paroles) seront: Oeil Pour Oeil, Les Vilains, Ultimo Asalto, Pöbel Und Gesocks, et pourquoi pas Evil Skins et Agnostic Front.

- Pour ceux qui ne sont pas certains de pouvoir jouer dans un groupe, il est possible d'organiser une répétition gratuite pour voir si ça colle.

- Il est préférable d'avoir son propre instrument (il est mieux d'avoir son ampli mais ça n'est pas obligatoire)

- Les paroles du groupe, si ça peut arranger le futur chanteur, sont déjà composées. Autrement, il pourra en écrire lui-même.

- Pour terminer, le but de ce groupe n'est pas de disparaître sans laisser de trace. Il s'agit de se faire connaître sérieusement dans le milieu underground français. De nombreux concerts devront être donnés. La création de disques sera aussi dans les projets du groupe.


N'HESITE PAS A DEPOSER UN COMMENTAIRE SI TU ES INTERESSE!


MERCI!

# Posté le lundi 25 mai 2009 09:02

Modifié le lundi 25 mai 2009 10:24

PARIS VIOLENCE: Un cri vient de l'ombre

Genre : Oi !
Nationalité : Française

On les aurait volontiers classés en musique révolutionnaire. D'autres les veulent apolitiques. Ils ne sont ni l'un ni l'autre. Car on se rapproche, le plus souvent, du nihilisme.

Malgré un look de concert très skinhead, Paris Violence n'entre dans aucune catégorie, et ses longs textes, presque en prose, sont son identité.

Pas de son formaté, deux gars bien motivés, et de nombreux disques à leur actif. Paris Violence, c'est avant tout des paroles profondes, et un son qui lui est spécifique. Le synthétiseur est omniprésent et parfaitement travaillé, contrairement à la batterie, qui n'est qu'une boîte à rythmes. Cependant, on s'y tromperait : le son de la batterie est propre et seuls les attentifs sauront faire la différence avec le véritable instrument. Le groupe n'aura en effet presque jamais eu de batteur ; et à long terme nous pouvons affirmer qu'il s'agit d'un choix plus que d'une fatalité, car cela permet à Paris Violence de se concentrer sur les sons électroniques qui font de sa musique un univers particulier, sombre et harmonieux.

La guitare est harmonieuse, et c'est presque grâce à elle que Paris Violence peut être classé parmi le genre Oi !. La batterie électronique est le plus souvent soutenue, mais jamais trop agressive, pour ne pas gâcher la déferlante harmonique du synthétiseur et des solos de guitare déprimés. Le reste, ce sont les ch½urs sombres et le chant un peu « loubard », mais teinté d'un sérieux et d'une mélancolie sans égaux.

Vous l'aurez compris, Paris Violence est un groupe sombre, mais n'a absolument rien à voir avec le monde gothique ou encore indus. En revanche, le point faible de Paris Violence, ce sont les chansons trop longues, trop tristes et parfois dépourvues de refrains entraînants.

C'est pourtant un groupe que je vous recommande vivement, car il représente une ouverture vers d'autres mondes, proche mais à la fois différent du punk et de la Oi !.


Note : 3/5

# Posté le lundi 25 mai 2009 10:12

Modifié le jeudi 04 juin 2009 11:50

BOLCHOÏ: Grandes gueules cassées

Genre : Oi !
Nationalité : Française


Tout droit sorti du vocabulaire tordu d'Orange Mécanique, film mythique pour les skinheads, « bolchoï » signifie « grand, gros » en russe. On ne pourra décidemment pas le cacher, Bolchoï est anarcho-communiste.

La musique sonne très artisanal, ça sent « les moyens du bord », même si le son qui en est tiré reste excellent. Guitare très grésillante, chant clair assez punkisant, accompagné de ch½urs violents et rauques de type Oi ! Le tout peut être aussi bien joué en acoustique en intro, suivi d'une déferlante électrique, sous un tempo tantôt rapide, tantôt lent et lourd pour appuyer et renforcer l'idée des paroles. C'est dans ce dernier cas que surgissent les ch½urs, donnant un tout révélateur et très compact.

Nous mentionnions les paroles, eh bien parlons-en directement : si la plupart sont axées à gauche, certaines traitent de sujets assez variés, reprenant volontiers les valeurs basiques du prolétariat. Les paroles sont simples, percutantes, et directes. Aucun détour, on sait de quoi on parle, et c'est tout. Le chant, très audible, est efficace, grâce à certains passages étant en général bien appuyés par le tempo et la musique.

Bolchoï, c'est surtout un son assez punk, car nombreux sont les groupes de cette tendance à faire l'union avec ce genre musical.

Mais le gros coup de c½ur reviendra au téléchargement gratuit de leurs titres, disponibles sur leur site Internet. C'est ce qui s'appelle assumer pleinement les valeurs véhiculées dans les chansons.
Et si beaucoup d'artistes, tous bords confondus, s'opposent toujours au téléchargement pour des raisons financières, Bolchoï ouvre une nouvelle porte, en proclamant : « C'est le capital qui tue la création, pas le téléchargement gratuit ! ». Ce slogan est une solution, une réponse à tous ceux qui ne savaient pas quoi penser du téléchargement. D'un point de vue politiquement neutre, ce slogan tient parfaitement debout, même si le mot « capital » semble un peu fort.

Alors, on pourra sûrement reprocher à Bolchoï de jouer de la Oi ! politisée, mais certainement pas sa façon de révolutionner le téléchargement gratuit...

Note : 4/5

# Posté le vendredi 13 mars 2009 09:50

Modifié le lundi 19 octobre 2009 13:30

SKREWDRIVER: C'est l'histoire d'un tourne-vice...

Genre : RAC (Rock Anti-Communisme)
Nationalité : Britannique (Angleterre)

C'est avec le mouvement skinhead que le groupe a commencé, jouant du street-punk apolitique pour des skinheads en recherche de musique puissante pour passer des soirées. Et un premier disque efficace et agréable à écouter.
Le groupe s'est éteint au moment où le nazisme a débarqué dans le mouvement skinhead, et sans doute parce qu'on s'est rendu compte que le chanteur, Ian Stuart, était plus ou moins compatissant avec cette dérive.
Jusque là, tout va plutôt bien.

C'est après que les choses se gâtent. Le groupe finit par être reformé par Ian Stuart. Et ce dernier commence à dévoiler ouvertement sa flamme nationaliste. Tout comme Hitler en son temps, Stuart sera d'un charisme déconcertant, tout en ayant idéologiquement « squatté » le milieu dont il est issu. Même similitude : la naïveté. Ian Stuart croyait en un idéal puéril et, à l'écouter parler en concert, les mots employés paraissent simplets. A la fois influençable et charismatique, donc, Ian Stuart reformera Skrewdriver, et fera des adeptes. Beaucoup d'adeptes. Et ce sera désormais très différent de l'esprit originel du groupe.
Désormais d'orientation ultranationaliste, c'est à dire neo-nazie, Skrewdriver attirera beaucoup de skinheads : non seulement une bonne partie du public qui l'écoutait déjà avant sa mort provisoire, mais aussi tout un tas de skinheads acquis par la cause national-socialiste. Ce qui fera s'empirer la récupération politique du mouvement.
On n'aura jamais vu un groupe assumer d'une façon aussi brutale et concrète ses idéaux racistes; et en concert, c'est l'éloge à l'Allemagne nazie, le bras tendu, et l'affichage de croix gammée. Impossible d'échapper à la xénophobie virulente de Skrewdriver, puisque les noms d'albums et de chansons annoncent ouvertement la couleur.

Les paroles des chansons et plus précisément Ian Stuart lancent le concept du « White Power », et le groupe n'hésitera pas, très vite, à monter en Angleterre une scène -certes underground- mais surtout extrêmement raciste. Skrewdriver, le « tournevis » en anglais (mais aussi le nom d'une boisson alcoolisée), n'hésitera pas une seule seconde à s'écarter de la Oi ! pour se classer lui-même dans le genre RAC (Rock-Anti Communisme). En effet, il est plus discret, au regard de la loi et même du public, de dissimuler le racisme derrière cette appellation.

Si Skrewdriver a franchement sa place dans le monde skinhead, c'est pour une raison toute autre que la politique. Sa musique a largement révolutionné le monde de la Oi !. Le groupe s'est aussi radicalisé dans sa musique, ce qui a influencé la scène Oi ! de l'époque. Fini le street-punk, bonjour la Oi ! brutale ! Aujourd'hui, nombreux sont les groupes, autant nationalistes qu'apolitiques, à s'être musicalement inspirés de la pureté de son de Skrewdriver. Guitare et basse légères, batterie tantôt « punkisante », tantôt sèche et lourde, et surtout, le chant dynamique et parfois rauque.
Pour beaucoup, Skrewdriver restera un modèle. Certains retiendront ses idéaux et plus particulièrement son leader Ian Stuart, et d'autres, à coup sûr plus raisonnés, mettront de côté la politique pour ne garder que le meilleur, la musique.
C'est en 1993 que Skrewdriver achève son épopée dans le monde skinhead, et on s'en doutera, il n'aura fallu que la mort (accidentelle) du chanteur pour voir le groupe quitter la scène définitivement. Les hommages au groupe et à Stuart seront nombreux, provenant le plus souvent d'autres groupes RAC, ayant suivi leur chemin. Seul avantage: le groupe est tellement copié que sa musique ne mourra jamais. Même si certains ne parviennent pas à la séparer de l'idéologie nazie...

Idées mises à part, Ian Stuart restera l'un des plus grands skinheads, parce qu'il aura vécu la grande époque pré-nazie, parce qu'il aura révolutionné la musique (il était le compositeur et parolier de la plupart des chansons de Skrewdriver).

Ainsi, c'est donc à la fois avec regret et soulagement que Skrewdriver fait son adieu brutal au monde skinhead.

L'histoire du tourne-vice s'arrête là...

Note : 3/5

# Posté le vendredi 13 février 2009 10:42

Modifié le jeudi 22 octobre 2009 07:58