Nationalité : Française
Vous tomberez irrésistiblement sous le charme de la musique, puissante et lourde. Guitare pétillante, basse en retrait mais suffisante pour donner de l'entrain aux chansons, batterie bien sèche, chant violent et bien mis en valeur.
Cependant, après plusieurs écoutes, le verdict est toujours le même: les paroles sont médiocres. On sent pourtant bien que le groupe a fait son maximum. Hélàs, pas grand chose à faire lorsque le niveau de Français est insuffisant.
Dommage, pour des nationalistes...
On retiendra des phrases dénuées de culture telles que "De Lénine à Staline, du marteau à la faux". Non seulement le mot "faucille" est remplacé par le mot "faux" pour créer une rime; mais en plus, le groupe admet presque ne connaître qu'approximativement deux personnalités ennemies au nationalisme, Lénine et Staline (les plus célèbres). Cela en dit long sur le discours réducteur et sélectif des groupes racistes en général, qui mentionnent volontiers des personnalités nazies méconnues (comme Charles Martel), mais qui restent très peu instruits sur leurs propres ennemis politiques, et ne connaissent d'eux que quelques noms, chiffres et anedotes dictés par la logique national-socialiste.
Je ne voudrais pas m'acharner sur le groupe, même s'il est tentant de vous faire part d'un dernier extrait de chanson: "Skinhead emprionné, te voilà enfermé".
Je vous laisse le soin d'analyser le sens de cette phrase...
Pour conclure, malgré leur discours insensé et parfois gravement imbécile à propos de l'holocauste, les Beygon Blanc restent un pilier musical du RAC français, à cause de leur idéologie extrémiste, mais surtout grâce à leur son unique et, il faut le dire, à leur niveau musical. La batterie offre régulièrement des breaks rythmés, avant de repartir sur un jeu lourd et linéaire. L'impact musical est du coup énorme, et les refrains déferlent dans une séduisante violence.
Finalement, peut être faut-il prendre le groupe tel qu'il l'est, peut être faut-il s'efforcer à être lucide et un tantinet fataliste: sans la violence idéologique, Beygon Blanc n'offrirait certainement pas un son si dévastateur.
Note: 4/5